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Entre Paris et Buenos Aires, l’artiste Liza Arico fait tourner les têtes avec des projets toujours plus ambitieux.

Une artiste au grand cœur qui n’hésite pas à faire des dons pour des œuvres caritatives, toujours créative dans sa démarche, Liza Arico nous apprend beaucoup…


Volcanique, survoltée, un accent à couper le souffle, rencontre avec « l’anti-mode parisienne » !


Allons à la découverte de cette créatrice haute en couleur!



Qu’est-qui vous a donné l’envie de créer ?

« A l’adolescence déjà, je m’amusais à créer des vêtements à partir de pièces appartenant à ma famille. Puis je suis partie au Brésil, je vivais à côté de la plage. Je venais d’avoir ma fille et un jour m’est venue l’idée de prendre le tissu qui me servait à faire des couches pour en faire un paréo. Puis j’en ai fait quelques uns pour mes amies, et la rumeur s’est répandue, j’en ai produit de plus en plus et les gens faisaient la queue sur la plage pour me les acheter. Au Brésil quand un concept marche, le succès est quasiment assuré d’emblée, il y a près de 190 millions d’habitants alors vous imaginez bien !

Puis un jour AQUALUNG –très grande marque- est venue me voir et m’a demandé si je pouvais produire en grandes quantités, c’est là  qu’a commencé ma première collaboration avec la mode.

Assembler différentes matières me plait beaucoup. »

 


 

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Et cette envie de recycler ?

« Vous savez je suis argentine, et nous n’avons pas les mêmes conditions de vie que les européens, nous sommes moins gâtés, de fait nous avons moins de choses que vous.  Et nous ne sommes pas malheureux pour autant. Comme dit ma copine Elisa Gabriel  « d’abord on regarde ce qu’on a, après on fait ».

Je pense que c’est véritablement de là que vient mon goût pour la récupération. J’aime le vintage, les objets qui racontent une histoire. Il me plait de me demander à qui ils ont appartenu, quelle est leur histoire.

C’est vraiment cela qui me donne l’envie de créer, je ne suis pas une styliste, ni une « designeuse », mais une recycleuse !

Ainsi mes créations doivent avoir un sens, je ne sais pas créer pour créer.

A partir de 1995 je travaille avec Evian, et j’organise le lancement de la première bouteille recyclable. Nous avions d’ailleurs réalisé un défilé avec des créateurs argentins autour du recyclage-bouteille, bouchons…) et le résultat valait vraiment le détour !


 

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En 2002, j’arrive en France, à Paris, et je découvre que dans la « capitale de la mode » les gens jettent beaucoup ! C’est de ce constat qu’est partie l’envie de faire quelque chose de tout ce gaspillage. Moi-même travaillant dans les relations publiques je recevais beaucoup de cadeaux et j’étais une consommatrice type. Cela ne me convenait plus ! »

Les objets des rues, abandonnés, destinés à une mort certaine sont source d’inspiration pour Liza  qui voient en eux des pièces et des constructions artistiques, en visualisant en une fraction de seconde la deuxième vie qu’elle pourrait leur donner.

« Plus qu’une démarche éthique, je me recycle moi-même chaque jour, et c’est cela qui me donne envie de créer toujours plus. »

 

 

« Costumisée par Liza » voyait le jour…

« J’ai donc commencé à recycler mes propres vêtements, puis ceux de mes copines. Suite à cela j’ai ouvert un atelier, que j’ai fermé pour ouvrir une boutique, à son tour dorénavant fermée. Mes clients, disséminés à travers le monde, sont fidèles à Costumisée par Liza»

 

 

Comment la mode vous a approchée ? Quels projets ont été développés ?

« La rumeur qu’une créatrice « loca de recyclage» habitant Paris se répandait… Et c’est ainsi, qu’un beau jour l’un des représentants de Recyclaid –qui organise la collecte des vêtements partout en Europe- est venu me voir à l’atelier. Une collaboration est née, il s’agissait d’une collection pour la femme créée à partir de gilets et de cravates d’homme. « Merci Messieurs » a été présentée en 2005 lors de la première session du So Ethic[i] sur laquelle nous n’étions que quatre créateurs. Un acheteur a voulu distribuer cette collection à Shanghai » et l’effet papillon s’est mis en marche.

 

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Cette collaboration se réalisait parallèlement à mes projets personnels, et c’est à ce moment là que j’ai commencé à travailler le sac. »

La créatrice est aussi présente dans le milieu caritatif et associatif. En effet, elle participe chaque année à la vente les créateurs ont du cœur ; vente aux enchères dont les profits sont reversés à la recherche pour le SIDA.

Son intérêt pour l’art se fait également sentir par son investissement dans l’association Reciclarte Argentina, qui promeut ‘l’art poubelle’.


 

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D’où proviennent vos objets ?

« Bizarrement je n’ai acheté en tout et pour tout que deux ou trois sacs. Le reste de mes supports on me les donne. » Les sources sont multiples : voisins, clients, boutiques, usines (ex : tissus de l’industrie automobile) … Beaucoup de personnes sont honteuses de jeter des matériaux qui pourraient encore servir et c’est pourquoi en général ils me les apportent, car ils savent tout cela sera réutilisé.

Nous passons à une phase de nettoyage intensif des sacs –uniquement avec des produits non nocifs, réfection ou mise en place de doublures pour lesquels j’utilise exclusivement des tissus récupérés. »

Les métrages de tissus ne l’inspirent pas ! Elle les donne à Emmaüs, et oui car quand on est éthique on va jusqu’au bout de la démarche !

 


 

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Créatrice de mode ?

Lisa est taxée d’« anti-mode parisienne » en raison de ses idées bien arrêtées concernant l’industrie. Créatrice de mode oui mais dans le respect des droits de l’Homme et de la Nature. Elle aimerait que ce soit plutôt les petites mains des grandes maisons de couture qui soient mises à l’honneur.

« Costumisée par Lisa » aime tant le vintage, car auparavant les pièces n’étaient pas réalisées industriellement mais bien à la main, ce qui leur donne ce gage de qualité indéniable. Ce même savoir-faire que l’on retrouve chez les petites mains et que la créatrice essaie de nous transmettre au travers de ses œuvres.

 

 

Le mot de la fin ?

Victor Hugo : « créer c’est se souvenir » 


 

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[i] L’un des univers du salon du Prêt-à-Porter de Paris

Tag(s) : #Interviews Mode Ethique

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