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Le sarong c’est ce tissu que l’on retrouve en Asie du sud-Est ; agrémenté de lignes, carreaux ou fleurs, entourées de liserés or ou argent, vous voyez de quoi je parle maintenant !

Ce joli tissu a été mis au goût du jour grâce à Laurence de Tricaud et Ludivine Pellat , qui depuis fin 2009 s’engagent dans la mode éthique.

 

Un style ‘cool chic’, une attention sur les belles matières, toujours un petit détail qui fait la différence ; un côté raffiné, relativement simple à porter tous les jours.

 

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Rencontre avec les deux créatrices de la marque 

 

Genèse de la marque…

 

Laurence « Nous avons crée Mademoiselle Sarong en décembre 2009, j’avais pris un long congé sans solde pendant un an afin de m’engager dans un projet humanitaire. Quand je suis arrivée au Cambodge j’ai découvert le sarong… le tissu qui fait l’identité de la marque.

 

C’est aussi le nom d’un vêtement local, en quelque sorte le paréo Asiatique ! J’ai tout de suite adoré ce tissu puis j’ai fait la connaissance d’un grand nombre de couturières et nous avons commencé à fabriquer des habits pour ma garde-robe. L’idée a un peu germé pendant que je me trouvais au Cambodge, mes amies me disaient que c’était sympa, je pensais à monter une structure mais je ne savais pas comment faire !

 

C’est alors que j’ai contacté Ludivine qui travaillait dans une agence de communication spécialisée dans la mode et le luxe. Et nous avons organisé une vente privée qui a très bien fonctionné. Et petit à petit nous avons mis en route le projet, tout en continuant à travailler. Nous sommes allées au Cambodge pendant nos vacances, ne souhaitant pas collaborer avec des usines, nous avions sélectionné différents ateliers avec lesquels nous pourrions nous associer. Et nous en avons retenu un avec lequel tout se déroule très bien.

 

 

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L’univers est résolument féminin et raffiné. Mais pas classique, on aime bien décaler les pièces, ça reste simple ou décalé : jupe cravate amovible, veste réversible… Aujourd’hui, sur le marché il n’y a pas de marque qui utilise le sarong, les gens nous identifient grâce à cette spécificité.

 

La marque est également symbolisée par une Apsara modernisée. Les Apsaras sont des nymphes célestes d'une grande beauté, elles s’inscrivent dans l’art khmer, en Asie du Sud-est et principalement au Cambodge où elles sont largement représentées en tant que danseuses sur les célèbres temples Angkoriens. Selon la légende1, les apsaras émergent des eaux pour séduire les hommes ; ceux qui les repoussent deviennent fous, tandis que ceux qui les acceptent comme maîtresse ou comme épouse gagnent l’immortalité.

 

Au niveau de leurs tenues, les apsaras sont très richement vêtues. Elles portent en effet de somptueux costumes et sont parées de bijoux aussi délicats que luxueux. Toutes les pièces ne contiennent pas obligatoirement du sarong, cela nous permet de broder l’Apsara sur les vêtements. Trouver un juste milieu entre la qualité et le prix ; être tout de même accessible, jouer sur les finitions : tel est notre défi. »

 

Mode éthique ?


« Coup de cœur pour ce pays, où l’industrie textile représente 80% des exportations. Les Cambodgiens se reconstruisent petit à petit après les atrocités vécues pendant le génocide des Khmers rouges, une grande partie des habitants est très jeune et souvent très peu formée, c’est aussi pour cela que nous avions envie de participer à un projet qui aurait un impact sociétal.

 

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Nous avions envie de faire une mode qui ait du sens, nous sommes attachées au Cambodge et le système du commerce équitable correspond plus à nos convictions. C’est pourquoi notre atelier fait partie d’une fondation qui a développé différents programmes destinés à aider les femmes en difficultés, l’un d’eux consistant à employer et à former les femmes au tissage de la soie traditionnelle Khmère ainsi qu'à la confection de vêtements.

 

A chaque lancement de collection, nous rendons visite à l’atelier afin de bien expliquer la nouvelle collection, cela a favorisé la création de liens avec nos couturières. Elles se forment de plus en plus au gré des nouveautés, des nouvelles formes que nous leur apportons. Par ailleurs, la chef d’atelier a une vision à long terme et les couturières sont très motivées pour apprendre. Nous assistent des contrôleurs qualité qui travaillent tant avec des ateliers qu’avec de grandes usines. Ces derniers sensibilisent et forment aussi nos petites mains sur différentes thématiques : comment améliorer la productivité, la qualité par exemple.

 

 

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Le salaire de nos petites mains est basé sur un fixe et un variable, conséquemment, plus elles produisent plus elles gagnent d’argent. Si elles œuvraient dans les grandes usines de confection, en plus de mauvaises conditions de travail, elles ne gagneraient que 60 dollars par mois.

 

Alors qu’avec Mademoiselle Sarong elles peuvent gagner jusqu’à 200 dollars et en plus acquérir un véritable savoir-faire augmentant ainsi leur compétences en termes de confection. Nous travaillons le plus possible les matières naturelles : soie lavée, cachemire, lin, cuir… nous évitons au maximum d’utiliser tout ce qui est synthétique.

 

Il est difficile d’employer uniquement des tissus bios, de remonter les filières, pour nous les matières sont primordiales en termes de qualité. La création se déroule en France, les prototypes sont également réalisés par des façonniers français. Pour nous il s’agit avant tout de mode, la consommatrice va acheter un produit parce que ça lui plait.

 

Les babouches qui sentent le bouc c’est dépassé! Nous notons une petite évolution au niveau de la distribution, auparavant les boutiques proposaient des collections qui ne donnaient pas forcément envie aux fashionistas. Maintenant grâce aux jeunes créateurs éthiques, cela évolue, et petit à petit les gens prennent conscience. On en parle de plus en plus, on évoque le ‘slow wear’, le retour à l’authentique, la frénésie de la consommation à tout prix est moins évidente, surtout en temps de crise. »

 

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Le mot de la fin

 

« Que l’on dure très longtemps, très longue vie à Mademoiselle Sarong. »

 

http://www.mademoisellesarong.com/

Tag(s) : #Interviews Mode Ethique

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