Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

copyrightguillaumeroujas.jpg

Crédit Guillaume Roujas

Pour les élégantes, des robes aériennes, empreintes de poésie, des belles matières, un véritable savoir-faire, une participation collaborative… Des pièces disponibles en série très limitées…

A l'origine de myphilosophy, Kroeusna Khaou et Frédéric Hascoet.

Entretien avec la créatrice Kroeusna Khaou, le co-fondateur Frédéric Hascoet et Céline Millecam, chargée de communication.

 

Expliquez-nous la genèse de la marque.

« Myphilosophy a été crée en 2007 sur les bases d'un projet initié il y a 11 ans, en 1999. Suite à un voyage dans le pays de mes origines, j'ai été confrontée à une très grande pauvreté et face à un énorme traumatisme causé par la guerre civile. Nous avons eu la chance d'avoir quitté le pays, avant de ressentir les effets de la guerre. De là est partie notre envie de créer une structure afin de pouvoir aider un petit nombre de personnes. 

Avec Frédéric, nous voulions participer à la reconstruction du pays à notre niveau, créer et offrir un système social d'entraide qui n'existait pas, toujours très développé dans le pays.

Développer une mode équitable, réalisée dans des conditions justes. Nous voulions partager un savoir-faire avec ces femmes qui travaillaient dans la couture pour différentes ONG.

A l'époque ce genre d'initiative était très peu développé au Cambodge. Avec mes frères et soeurs, nous avons eu de la chance de grandir en France, nous n'avons pas vécu les mêmes horreurs que ceux qui sont restés là-bas, nous avons découvert un pays où la misère était omniprésente, cela nous a énormément touchés.»

Du projet à la création…

« Le projet d'atelier date donc de 1999, il s'agissait d'une étape embryonnaire qui a ensuite donné naissance à la marque myphilosophy. Au départ, nous allions à tâtons nous n'étions pas aussi structurés qu'aujourd'hui. 

Nous avons contacté plusieurs ONG, car il est difficile de monter une filière de son propre chef sans bien connaitre le fonctionnement d'un pays.  Nous travaillons sur le principe du commerce équitable, avec des femmes cambodgiennes que nous avons recruté via l'ONG Friends et la Congrégation  Don Bosco.

Notre atelier est maintenant composé de onze personnes. Les femmes sont formées à la couture par les ONG pendant deux ans, leur conférant toutes les bases du métier. Puis elles viennent travailler dans notre atelier où leur savoir-faire évolue dans un esprit plus ‘couture'. L'idée étant à partir de ce moment là d'allier la couture à la création de myphilosophy.

lquipemyphilosophy.jpg

En effet, nous nous positionnons clairement en créateur et afin de garantir un certain gage de qualité il est indispensable que les bases du métier soient maitrisées.

De plus, nous ne collaborons qu'avec des fournisseurs qui signent et respectent notre charte éthique. Par exemple nous travaillons uniquement avec les acteurs les plus défavorisés, nous mettons en place et garantissons des relations privilégiées et durables avec nos fournisseurs. Nous valorisons les savoir-faire locaux afin de les développer au mieux.

Notre communication suit tout autant le même axe, nos clientes savent d'où proviennent les pièces, nous leur expliquons aussi notre démarche.

Par ailleurs, en plus de leur salaire, nos couturières sont logées et nourries, elles reçoivent un complément de formation. Elles disposent aussi de congés payés –chose rarissime au Cambodge- et elles reçoivent aussi des primes. Le salaire de nos couturières représente entre deux et trois fois le salaire moyen du pays.

Tout l'aspect créatif et design se déroule en France, et les matières sont achetées directement sur place, nous chinons des chutes de tissus sur les marchés ou dans les usines. Nous sommes aussi amenés à collaborer avec des artisans qui travaillent la soie sauvage, la corne ou l'argent.

Notre démarche comporte donc deux volets, d'une part l'action sociale par le biais du commerce équitable et une action environnementale puisque nous réutilisons ce qui existe déjà.»

Comment votre démarche a été accueillie par l'industrie ?

« Quand nous avons commencé à participer aux salons professionnels de mode en 2000, les acheteurs n'étaient pas très réceptifs au fait que tout ait été réalisé dans des conditions justes. Mais depuis qu'il y a cet engouement pour tout ce qui éthique, que l'on remarque avec  la floraison d'un grand nombre de multimarques dédiés à la cause, les mentalités tendent à évoluer, les acheteurs ont compris que cela pouvait représenter un plus pour leur clientèle.

Nous sommes heureux que les gens pensent à nous quand on évoque la mode éthique. Nous ne trouvons pas que ce terme soit dégradant, au contraire, c'est un point de repère pour nos acheteurs et nos clients finaux qui savent au moins où situer notre action.»

copyrightpaulinedarley.jpg

 Crédit Pauline Darley

Et quelles collections présentez-vous ?

« Chaque collection est en rapport avec un thème, nous partons toujours d'une histoire, souvent c'est une femme, un livre ou des mots qui inspirent toute une collection. Par exemple la marquise Casati nous a inspiré pour la collection printemps/été 2012 »

Où êtes-vous distribués?

« Nous ne vendons pas beaucoup dans les multimarques pour une raison très simple. N'achetant pas de rouleaux de tissus entiers, il nous est difficile de travailler sur de grandes quantités. Cependant, nous sommes en train de développer ce type de distribution en province et à l'étranger et nous vendons déjà à Brest et au Japon…

Notre atelier est assez petit, nous réalisons souvent des pièces uniques ainsi que des collections en série limitée, nous ne  pouvons donc pas fabriquer de grandes quantités. Notre idée réside vraiment dans la production de modèles qui sont quasiment uniques de part leur disponibilité en petites quantités.

Et puis nous avons eu l'opportunité d'ouvrir nos boutiques et c'est donc pour cela que nous distribuons dans nos magasins en propre. La toute première boutique a été ouverte en 2008 et se trouvait Rue Pierre Lescot, maintenant nous avons ouvert deux autres boutiques l'une qui se trouve rue Tiquetonne et l'autre à Montmartre.

Myphilosophy est présente de la création à la commercialisation, évitant ainsi les intermédiaires, cela nous permet aussi de proposer des collections ‘créateur' à des prix raisonnables.

Vous savez que nos clientes nous disent souvent que quand elles portent du ‘myphilo' elles sentent que la pièce a été réalisée dans de bonnes conditions. Notre marque véhicule de vraies valeurs de respect tant au niveau humain qu'environnemental. »


Le mot de la fin ?

« Ce n'est pas évident tous les jours, mais c'est un beau projet qui véhicule des valeurs fortes. »

19677878984d54fa0038e32.jpg

Où les trouver?

Myphilosophy

2, rue Tiquetonne
75002 Paris

55, rue d'Orsel
75018 Paris

 

Multimarques

Slow
4 Rue Ducouedic
29200 brest

http://www.slow-boutique.fr/

Et au Japon sur…

http://item.rakuten.co.jp/reflection/c/0000000622/

 

 

 

http://www.myphilo.eu/

 

 

Tag(s) : #Interviews Mode Ethique

Partager cet article

Repost 0