Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

roberose02.jpg 

Aurélia Bernard créatrice de Rosa Tapioca, a d'abord étudié le modélisme à Londres avant de se mettre à son compte  voici maintenant deux ans. Rosa tapioca est une marque  de prêt-à-porter féminin en mode éthique.

Rosa tapioca ça veut dire quoi ?

Pour la petite histoire, Rosa c'était le nom de mon arrière grand-mère, couturière, brésilienne.  Quand j'ai commencé à réaliser des accessoires textiles pour la maison, j'avais inventé ce nom « rosa tapioca ». Tapioca m'est venu naturellement, je trouvais cela joli, il y a avait aussi cette connotation  gourmande. Ce nom m'apparaissait  plutôt percutant, c'est facile à retenir et on le comprend dans beaucoup de langues ! Alors quand le moment est venu de créer ma ligne de prêt-à-porter c'est tout naturellement que je l'ai gardé.

En quoi consiste votre démarche ?

J'ai envie de proposer avant tout des vêtements assez habillés,  sans être classique, qui restent sobres, et qui soient un peu chic. Les lignes sont à la fois pour le quotidien, avec des matières douces, des jerseys, des mailles seconde peau que l'on a envie de porter tous les jours et des pièces plus fortes telles que des petites robes comportant une touche « couture », habillée, tout en étant très simples. Je propose beaucoup de pièces unies ce qui permet aux clientes de pouvoir accessoiriser comme elles le désirent. C'est un peu  le concept de la  « mode couture »,  dans le sens  où les pièces sont très sobres mais sur lesquelles il y a un vrai travail sur les  coupes et les matières sans trop de fioritures.

Quelle est votre conception de la mode éthique ?

Pour moi c'est surtout une façon différente de fabriquer et d'acheter. De bien connaître les consommateurs, c'est aussi pour cela que j'ai voulu avoir une boutique. C'est le fait d'avoir un rapport humain assez direct avec tous les intervenants de la production aux clients finaux. On achète moins mais peut-être mieux, le prix est plus élevé, mais c'est aussi une pièce qui sera plus durable car fabriquée avec des tissus de qualité et dans de bonnes conditions. 

En quoi faites vous partie de la mode éthique ?

L'idée de base était d'utiliser des fins de séries de tissus provenant de la haute couture achetés dans Paris, mais je travaille aussi avec des  tisseurs. J'utilise beaucoup de liberty (soie et coton) qui vient d'Angleterre, et  j'achète tous les autres  tissus en France. Je ne travaille pas encore avec des matériaux bios, l'éthique étant exclusivement basée sur la fabrication qui est entièrement réalisée en France. Toute la production se réalise vraiment localement dans l'est parisien, j'accentue plus le côté local que le bio parce que sa fabrication s'effectue souvent en Inde et cela a engendre des coûts de transport, qui au final peuvent se répercuter sur les prix de vente. Par ailleurs, j'essaie de  recycler une partie de mes chutes que  je transforme en petites trousses, pochettes, sacs que j'offre aux clientes afin de limiter au maximum les déchets textiles. En ce moment je me renseigne auprès de sociétés qui récupèrent les chutes et essaient de trouver une manière de les recycler. D'ailleurs, de plus en plus d'usines se mettent au recyclage, les déchets sont retraités en fibres, ou deviennent partie intégrante de matériaux isolants. Je m'efforce d'avoir un bilan global sur la collection et la production qui soit le plus neutre possible en termes d'impact. Il s'agit bien d'une industrie mais à échelle humaine.

Avoir une boutique a changé beaucoup de choses ?

Avant j'avais juste un atelier et depuis Décembre 2009, j'ai ouvert la boutique atelier. C'est une autre façon de travailler, je dois plus structurer mes journées car je suis quasiment seule à tout faire. Quand la boutique n'est pas ouverte je peux organiser mes rendez-vous, dessiner, et ensuite il y a une autre partie de la journée qui est vraiment consacrée à la vente et à l'aménagement de la boutique. En même temps c'est tellement plus satisfaisant parce qu'avant je participais uniquement aux ventes créateurs, qui sont très ponctuelles, mais maintenant j'ai un vrai retour sur mes collections. Et je suis aussi beaucoup plus visible, les gens se baladent et il y a aussi beaucoup de journalistes qui font des repérages dans le quartier.

Travaillez-vous seule ?

Globalement je travaille seule, tout ce qui est création c'est moi, je me fais aussi aider par des modélistes freelance. Ensuite je fais appel à une photographe pour les looks books. Je m'occupe aussi de tout l'aspect marketing/commercial ainsi que de la vente. Mais j'aimerais recruter d'ici peu.

Pensez-vous un jour collaborer avec les gros bonnets du textile, comme Sonia Rikiel l'a fait avec H&M ?

Je ne sais pas s'ils viendront me chercher tout de suite ! Mais cela implique de se lancer dans d'énormes productions et comme je le disais tout à l'heure j'aime savoir comment sont produits les modèles. Je pourrais proposer mes dessins, ou collaborer sur une collection capsule. Ca dépend vraiment de comment ce serait fabriqué parce qu'à une telle échelle on peut vite perdre le contrôle. Si à terme, une ligne éthique était développée, je ne serai pas contre, il est vrai qu'ils bénéficient d'une force de frappe non négligeable. Mais ce serait une histoire  complètement différente à grande échelle. Je pourrais me poser la question le jour où elle se présentera !

Vous faites partie du French Boudoir, qu'est que c'est ?

C'est un label qui pour l'instant est sous forme de collectif, que j'ai crée il y a environ 6 mois avec Tamara de by mutation. L'idée c'est de regrouper nos forces : jeunes créateurs fabricant en France, et de pouvoir mutualiser nos forces, à la fois dans l'achat de textiles mais aussi pour exposer sur les salons. Ce n'est pas que en mode, ce peut être aussi sur l'alimentaire, la décoration. On espère pouvoir faire grandir ce label, nous avons déjà réalisé plusieurs expos associant des boutiques de déco, des brocantes, des personnes qui font du bio, autour d'événements afin de faire connaitre notre travail et de rester dans la dimension « act local ».

Où voyez-vous votre marque dans dix ans ?

Dans dix ans !! J'aimerais bien créer une ligne enfants, aller dans le courant des matières bios qui se développe en Europe. J'espère avoir suffisamment de points de vente pour faire vivre la marque disons normalement. Pour l'instant, j'en ai en France, en Belgique, au Japon. Mais je pense qu'en Allemagne et dans les pays du Nord cela pourrait aussi fonctionner. Avoir un réseau de points de vente et plusieurs boutiques en propre me satisferait. Si dans dix ans je suis encore là  c'est que tout ce sera bien déroulé !!

Interview réalisée par Hypethic à l'atelier boutique

logorosatapiocacoul.jpg70 Rue de Saintonge, 75003 Paris

www.rosatapioca.com

Tag(s) : #Interviews Mode Ethique

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :